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28/02/2016

 
"Ecrire c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir."
 
 
Après avoir longtemps gardé mes écrits pour moi, j'ai décidé de faire partager cette histoire. Une histoire dont je me suis inspiré en regardant un certain nombre de séries. Une histoire basée sur Louis Tomlinson et Harry Styles (mais pas que). Une histoire sans prologue parce que dans la vrai vie il n'y a pas vraiment de commencement précis.
 
J'espère que cette histoire vous fera rêver comme elle m'a fait rêver en l'écrivant.
 
 
 
Le premier tome étant entièrement écrit, je m'engage à publier un chapitre par semaine au commencement d'aujourd'hui.
Si vous voulez me contacter ou suivre l'avancée des chapitres n'hésitez pas à aller me suivre sur Twitter : @Mary-Lilyrose
 
Je vous embrasse. En espérant que cette histoire vous plaise.
M. xx
 
 
 

CHAPITRE I 28/02/2016

-C'est une mauvaise idée.
-Emma... Je soupire.
 
Ça doit faire au moins une demi-heure qu'Emma essaye de me convaincre de ne pas aller à cette soirée. Mais qu'importe ce qu'elle peut me dire, j'irais. J'ai longuement réfléchi là-dessus et je pense que c'est une bonne idée. J'en ai marre de voir du noir partout. J'ai besoin d'un peu de positif dans ma vie.
Soudainement je reçois un coussin en plein dans l'arrière du crâne. Je me retourne violement pour la voir sur mon lit en train de faire la moue, les bras croisées.
 
-Aïe mais ça fait mal. Dis-je en me massant l'arrière du crâne, même si ce n'est pas vrai.
-Tant mieux c'était le but. Me dit-elle en me tirant la langue.
 
Et c'est impossible pour moi de ne pas éclater de rire. Emma est un tel rayon de soleil dans ma vie. Je suis si chanceux de l'avoir rencontré. Je me rappelle encore mes premiers jours à l'Upper East Side, lorsque ma mère, mon frère et moi avons emménagé ici. J'étais complètement pommé dans cette grande ville et ce grand lycée. Et il a fallu que je croise sa route, le premier jour où l'équipe de football s'en est pris à moi. Je me rappelle avoir fondu en larme en fonçant dans les toilettes pour me retrouver seul. J'ai longuement pleuré ce jour-là, jusqu'à ce que j'entende des petits bruits sur le battant de la porte d'une des cabines des toilettes pour me demander si je pouvais l'aider à débloquer la porte.
 
-J'aurais dut te laisser coincer dans les chiottes le jour où je t'ai rencontré, ma vie aurait été plus facile. Je lui souris sarcastiquement.
-Et moi j'aurais dû fuir dès que j'ai vu ta tête.
 
Et pour la seconde fois en même pas quelques secondes, j'éclate de rire. C'est incroyable comment cette fille est capable de toujours redonner le sourire même lorsque ça va au plus mal. Ça va faire trois mois maintenant que je suis dans mon nouveau lycée, et trois mois que je me fais martyriser par l'équipe de football. Mais ça fait également trois mois que j'ai rencontré Emma et Niall, mes meilleurs amis. Je sais que c'est difficile à croire de partager une amitié si intense et fusionnelle en si peu de temps, mais pourtant c'est exactement ce qu'il se passe entre nous. J'ai l'impression de les connaître depuis si longtemps et en même temps si peu de temps. Mais aujourd'hui je n'ai pas honte de dire que ce sont mes piliers. Ils savent ce que je subis par l'équipe de football depuis que je l'ai intégré. Ils m'ont d'ailleurs un nombre incalculable de fois, conseillé de quitter l'équipe. Et c'est sûrement ce que j'aurais dut faire depuis longtemps mais je ne peux pas. Et ça ils ne peuvent pas le comprendre. Parce que si j'ai intégré cette foutu équipe de football c'est pour mon petit-frère. Mon petit-frère qui est si fier de moi à chaque fois que je lui parle de mes performances au football. Alors comment puis-je arrêter ? Je ne veux pas décevoir mon frère.
 
-Allez pousse ton gros cul. Je dis en m'approchant du lit.
 
Je ne sais même plus ce que je cherchais sur mon bureau depuis quelques minutes, mais ça ne devait pas être important.
Aussitôt Emma se décale sur mon lit pour me laisser m'installer à ses côtés. Mon regard s'encre au sien et on s'observe sans rien dire pendant de longues minutes. Son visage est si doux. On dirait une petite fille dans un corps de femme. Et puis elle me fait ce sourire. Ce sourire qui pourrait déstabiliser n'importe qui.  Emma est si attachante et le pire c'est qu'elle ne s'en rend même pas compte. Juste parce que son ex copain l'a traité comme une moins que rien, elle s'est persuadé qu'elle en était une et qu'elle ne méritait personne. Idiotie.
 
-Salut salut !
 
Je sursaute en même temps qu'Emma et on relève le regard vers Niall qui pénètre dans ma chambre en retirant ses chaussures sur le seuil de la porte. Il a une heure de retard mais bon c'est Niall quoi. Et puis sans surprise il se précipite sur le lit et nous saute dessus. Moi j'ai tout juste le temps de me décaler parce que j'étais en position assise, mais vu le cri d'Emma je crois qu'elle s'est pris tous son poids sur elle.
 
-Je te déteste Nialler !
 
Mais elle rigole si fort que ce n'est pas du tout crédible. Niall et Emma se connaissent depuis le début du lycée et ils sont clairement inséparables.
 
-Bon j'ai loupé quoi ? Demande Niall en se glissant entre Emma et moi.
- Bah rien de particulier, à part qu'Harry s'est fait emballer par Tomlinson.
 
Les yeux du blond me regardent choqué comme si j'étais un extraterrestre. Et ça ne m'amuse que plus.
 
-Tu gobes vraiment tout toi. Je m'exclame.
-Putain mais me faites pas des peurs pareilles là !
-T'avais qu'à arriver à l'heure. Déclare Emma.
-Un point pour la rousse.
-Harry ?
-Oui ?
-Ta gueule.
 
Et de nouveau j'explose de rire. J'ai l'impression de ne faire que ça quand je suis avec eux. Bon c'est pas toujours vrai parce qu'ils m'ont souvent récupéré à la petite cuillère et que c'est pas beau à voir. Mais le reste du temps, quand je vais bien, je me sens toujours super bien en leur compagnie.
 
-Bon par contre maintenant que t'es là tu pourrais peut-être essayer de dissuader notre cher Harry d'aller à la soirée organisé par l'équipe de foot. Rajoute Emma en se redressant contre la tête du lit.
-Quoi ? C'est quoi ces conneries encore ?! Tu vas pas y aller quand même ?
-Si Niall j'ai déjà répondu que je serais présent.
-Mais putain t'es suicidaire ou quoi ? S'exclame-t-il les yeux ronds comme des soucoupes.
 
Et le pire c'est qu'à travers son regard bleu azur je perçois parfaitement l'inquiétude qu'il ressent. Mais je ne veux pas qu'ils s'inquiètent pour moi. J'ai décidé que j'irais à cette soirée et je suis sûr que tout se passera bien. J'en ai un pressentiment. Louis Tomlinson et l'équipe m'ont relâché depuis quelques temps. Certains membres de l'équipe se sont même mis à discuter avec moi. Bon j'avoue que ça m'a surpris et que j'ai été méfiant sur le début. Mais j'en ai marre d'être toujours sur mes gardes. Louis Tomlinson m'a invité à sa soirée chez lui et j'y serais un point c'est tout. J'aimerais juste être bien vu par l'équipe et qu'ils me lâchent enfin les basquets. Parce que ces trois derniers mois ont été terrible. Je me suis retrouvé dans des états comme je n'avais jamais été. Et je ne veux plus jamais revivre ça.
 
-Harry ne va pas à cette soirée. Tu ne sais pas ce qu'ils ont pu te préparer comme coup cette fois-ci. Déclare Niall.
 
Et ça commence sérieusement à me gonfler. Si même mes amis ne me soutiennent pas je ne vois pas comment je pourrais avancer.
Rapidement je quitte le lit et me dirige vers mon placard sans un mot où je retire un t-shirt pour l'échanger avec celui que je porte en ce moment même.
 
-Harry s'il te plait...
-Quoi ? Je me retourne vers Emma. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? J'en ai marre d'être tout le temps sur mes gardes. Et si cette soirée c'était ma possibilité de leur montrer qui je suis vraiment ? Un mec normal qui fait partie de leur équipe de foot.
-Je comprends que ça te tienne à c½ur mais tu auras bien d'autre moyen pour le montrer la personne extraordinaire que tu es.
-Oh s'il te plait... Je soupire en me retournant pour récupérer mon manteau. Et je fais ça quand ? Entre le moment où ils me scotchent aux toilettes et le moment où ils lancent des rumeurs à tout le lycée comme quoi je suis gay ?
 
Et rien que de redire ça à vive voix, ça me fait mal au c½ur. Parce que c'est exactement ce qu'ils font. Et le pire c'est que ça devient presque une habitude maintenant alors que ça ne devrait pas en être une. Ils n'ont aucun droit de me jeter dans la poubelle, me faire voler en l'air mon plateau repas, et m'inventer des faux horaires d'entraînements. Qui sont-ils pour me faire subir tout ça ? J'en ai marre de raser sans cesse les murs parce que j'ai peur de croiser leur route et de devenir une fois de plus leur petit joujou. Je veux plus de ça.
 
-Cette soirée c'est la meilleure possibilité de leur montrer qu'ils ne me font pas peur. Je veux y croire et j'ai besoins que vous y croyez aussi.
 
Ils ne répondent rien parce qu'ils savent qu'il n'y a rien à répondre. Alors pendant que Niall regarde dans le vide et qu'Emma me lance des regards désolés, moi je m'assois sur ma chaise de bureau pour enfiler mes chaussures sans un mot.
 
-Bon il faut que j'y aille. Je dis en me relevant.
-Quoi déjà ? S'exclame Emma.
-Je dois passer voir Brad.
 
Ça les calme directement parce qu'ils sont au courant pour mon frère. Alors ils ne protestent pas et quittent le lit à leurs tours.
 
-Comment il va ? Me demande Emma lorsque nous quittons ma chambre. Il ne doit pas sortir ce weekend ?
-Si, ils lui ont accordés un weekend de répits à la maison. J'irais le chercher demain matin au centre après la soirée chez Tomlinson.
 
Emma sourie faiblement parce que je sais qu'elle est heureuse pour moi que je retrouve mon frère le temps d'un weekend. Mais je sais aussi qu'elle est contre cette soirée chez Tomlinson. Elle n'insistera pas mais je ne doute pas qu'elle veillera sur son téléphone toute la soirée au cas où je lui demande de venir me chercher. Mais ça n'arrivera pas. Je m'en fais la promesse.
 
-D'accord. C'est cool. Ça va vous faire du bien à tous les deux. Tu as prévu des trucs à faire avec lui ?
-Je ne sais pas encore, j'en discuterais avec lui tout à l'heure.
-Tu veux qu'on t'accompagne jusqu'au centre ? Me demande Niall.
-Non ça va aller, je vais prendre le tram.
-D'accord. Passe-lui le bonjour de notre part. Rajoute Emma.
-Bien sûr.
 
Emma se glisse sur la pointe de ses pieds pour déposer un bisou sur ma joue et Niall me tchek rapidement la main avant de me laisser partir. Le trajet en tram me parait interminable, mais lorsqu'enfin je vois le sigle du centre psychologique Ostroff, un réel soulagement s'empare de moi. C'est le moment que je préfère le plus dans la journée. Le moment où je retrouve enfin Bradley. C'est horrible de prendre conscience à quel point sa tentative de suicide nous a rapproché. Normalement ce ne sont pas ces évènements qui devraient nous rapprocher autant.
Je monte rapidement jusqu'au quatrième étage. Je connais le lieu par c½ur. Et ici toutes les infirmières me connaissent également par c½ur. J'aperçois la porte de la chambre de mon frère ouverte. Et en un rien de temps je me retrouve sur le seuil. Une chaleur me prend au c½ur lorsque je le vois assis sur son lit, concentré sur la lecture de son magazine.
 
 -Lecture passionnante ? Je demande.
 
Je le vois sursauter et relever aussitôt son regard vers moi. Et à la seconde où il me repère un énorme sourire prend place sur son visage angélique.
 
-Harry !
 
Je ne perds pas une seconde de plus et me rue vers lui pour le serrer dans mes bras. Bradley c'est mon rayon de soleil. Le seul pour lequel je serais capable de donner ma vie. Et instinctivement, lorsqu'il s'éloigne de moi, mon regard se pose sur ses bandages aux poignets. Ça va faire trois mois qu'il est ici. Trois mois qu'il a fait sa tentative de suicide et je n'arrive toujours pas à m'y faire. Parce qu'au fond je me sens tellement coupable.
A la séparation de nos parents nous avons dut choisir où est ce que nous voulions vivre. Et tandis que moi je suis resté près de ma mère, mon petit frère de 15 ans est parti vivre avec notre père. Et mon père a tellement mal vécu la séparation qu'il s'est mis à boire...beaucoup trop. Jusqu'à devenir violent envers Bradley. Jusqu'à ce soir là où il l'a frappé plus fort qu'auparavant et que Bradley s'est réfugié dans la salle de bain. Aussitôt mon père m'a appelé pour me dire qu'il fallait que je vienne. Que Bradley était enfermé dans la salle de bain depuis bien trop longtemps. Mais quand je suis arrivé c'était déjà trop tard. Après avoir défoncé la porte, on la retrouvé évanoui baignant dans son sang.
Et les milles excuses de mon père et ma culpabilité ne changent rien au fait qu'il est tenté de se tuer. Personne ne devrait avoir une idée pareille à tout juste 15 ans. Et forcément je me sens fautif. Parce que c'est moi le grand frère. Celui qui est censé montrer le bon exemple et protéger. Mais j'ai failli à ma tâche et toute ma vie je devrais vivre avec la vision de Brad, les poignets en sang.
 
-Comment tu vas ? Je lui demande.
 
Aussitôt son sourire se fane. Et ça me surprend réellement parce que depuis quelques temps Bradley est toujours si souriant.
 
-Maman est là.
 
Le fait qu'il ne réponde pas à ma question ne me rassure pas du tout. Son regard se noircit et il baisse la tête vers la couverture qu'il tripote du bout des doigts.
 
-Eh Brad qu'est-ce qu'il se passe ? Dis-je en attrapant son visage entre mes mains.
-Elle a refusé ma sortie de ce weekend.
-Quoi ?!
 
Je reste complètement choqué. C'est sa toute première sortie avant la vraie sortie définitive. Il l'attend depuis si longtemps. Et moi aussi à vrai dire. Alors pourquoi notre mère nous aurait-elle fait un truc pareil ? C'est insensé.
Je sens un liquide entre mes doigts et je remarque aussitôt les premières larmes de Bradley se mettre à couler. Et honnêtement c'est la pire des visions possible.
 
-Ne pleure pas bébé, je vais régler ça. Je te le promets. Chut allez. Je m'exclame en l'attirant entre mes bras. Arrête de pleurer sinon les médecins vont dire que tu n'es pas prêt à sortir.
 
Et je crois que c'est la remarque qu'il lui fallait pour qu'il se ressaisisse. Je le sens renifler dans le creux de mon cou avant de s'éloigner et d'essuyer ses yeux d'un revers de main. Il tente de me sourire mais ça sonne tellement faux. Alors j'attrape une dernière fois son visage entre mes mains et dépose un baiser sur son front.
 
-Ah bah tiens Harry tu es là.
 
Je me retourne aussitôt pour faire face à ma mère tandis que mon frère tente au mieux de cacher ses yeux humides. Ma mère, Anne ou la femme qui tient le plus à son image. Elle se tient droite face à nous, dans son impeccable caban blanc et chaussée de l'une de ses interminables paires de louboutins. Ses cheveux sont impeccablement coiffé, comme toujours. Ce n'est pas que je n'aime pas ma mère mais elle est l'exemple même des femmes de la haute société qui tiennent plus à leurs images qu'à leurs propres enfants. Une femme qui parait sans sentiments. Et parfois je me demande comment elle a pu tomber amoureuse de mon père. Si elle l'a d'ailleurs déjà été ou si elle l'a épousé pour son compte en banque.
 
-Je pourrais te parler une minute ?
-Je t'écoute.
-Seul à seul.
 
Elle hoche lentement la tête et quitte la chambre. Je la rattrape rapidement dans les couloirs et lui lance un regard empli de haine. Je vois bien que ça l'a perturbe. Je ne me comporte jamais comme ça vis-à-vis d'elle.
 
-Tu as annulé la sortie de Brad ?
-C'est préférable pour lui. Il n'est pas prêt à sortir encore.
-Il n'est pas prêt ou tu n'es pas prête ?
-Je te demande pardon ?
-J'aimerais savoir si c'est toi qui ne veut pas le voir sortir pour ton image.
-Mais ça ne va pas de dire des choses pareilles. S'offusque-t-elle. Ça n'a rien à voir. Je tiens à mon fils. Et c'est pour cette raison qu'après une mure réflexion j'ai décidé d'attendre encore un peu avant de lui accorder ce weekend libre.
-Donc ça n'a rien à voir non plus au fait que tu es déclaré aux journaux que Brad était en vacances chez sa grand-mère en France ?
 
Elle reste bouche bé parce que j'ai raison tout bonnement. Elle n'assume pas d'avoir un fils qui ai tenté de se suicider. Elle ne veut pas passer pour une femme qui a mal élevé ses enfants ou qui n'a pas été assez présente auprès d'eux. Elle a seulement peur du regard des autres et de ce qu'ils pourraient dire.
 
-Tu me dégoutes. Je lui crache.
-Je ne te permets pas de me parler de la sorte Harry. Jusqu'à preuve du contraire je suis encore ta mère et celle de Bradley. Et c'est à moi que revient ce genre de décision. C'est la meilleure solution pour notre famille.
-Mais notre famille de quoi ? Ton mari est alcoolique et a levé la main sur l'un de tes fils. Et ton fils a voulu se tuer. On n'est pas une famille maman. Ça ne sert à rien de prétendre le contraire au monde entier. Les gens finiront bien par se rendre compte de ce qu'est réellement notre famille.
 
Je vois bien que je l'ai complètement déstabilisé. Et je m'en veux un peu de lui faire ça. Parce qu'au fond elle a toujours fait de son mieux en fonction de ce qu'on lui a éduqué. Je sais que son père a été énormément strict avec elle. En même temps en lui donnant le nom de la plus célèbre banque des Etats-Unis qu'était la sienne, elle ne pouvait pas se permettre de le décevoir. Et honnêtement je ne pense pas que ma mère est été réellement heureuse dans sa vie. Elle cache si bien son jeu que c'est difficile de savoir ce qu'elle ressent au fond d'elle. Et c'est bien ça le plus gros problème de cette famille. On se cache tous derrière des masques en prétendant que tout va bien jusqu'au jour où l'un d'entre nous cède. Et cette fois-ci c'est Brad qui a tout lâché.
 
-Je t'en supplie, laisse Brad sortir ce weekend. Il en a besoin.
-Non. C'est non négociable.
 
Et sans un mot de plus elle me tourne le dos et disparait. Sauf qu'elle ne se rend pas compte de ce qu'elle fait subir à Bradley en lui interdisant ça. Et moi qu'est-ce que je vais lui dire ?
Je soupire de frustration et pénètre de nouveau dans la chambre de mon frère. Son regard vient aussitôt s'ancrer au mien, attendant un signe de ma part pour lui prouver que j'ai réussi à convaincre notre mère. Mais j'ai échoué, lamentablement.
Doucement je viens m'asseoir sur le bord de son lit. Je n'arrive pas à le regarder dans les yeux parce que je lui avais promis que je trouverais un moyen pour qu'il sorte et c'est trop douloureux de devoir lui annoncer qu'encore une fois il restera là ce weekend.
 
-Harry ?
-Je...
 
Doucement mon regard vient se planter dans le sien et j'en suis complètement déstabilisé. Ses yeux noisette dévoilent tant d'espoir que je n'arrive pas à ouvrir la bouche. Je ne peux pas lui faire ça. Il doit bien y avoir une autre solution.
 
-Prépare tes affaires. Je viendrais te chercher cette nuit. Je murmure.
 
Mon frère me regarde stupéfait et je crois bien que je suis aussi choqué que lui, de ce que je viens de dire. Est-ce que je vais vraiment le faire sortir en cachette ? Ça me conduirait à ma perte. Mais lorsque je vois cette lueur dans ses yeux qui scintillent, je me dis que c'est la meilleure chose à faire. Je lui ai dit qu'il sortirait ce weekend et il sortira. Qu'importe le temps qu'il passe avant qu'on se fasse choper, il pourra au moins voir l'extérieur de ces bâtiments qu'il n'a pas eu la possibilité de voir depuis des semaines.
 
-Comment tu vas faire ?
-T'occupes. Sois juste prêt entre minuit et une heure.
-Pourquoi si tard ?
 
C'est vrai ça. Pourquoi si tard alors que le couvre-feu dans le centre est à 22h ? Ah oui c'est vrai il y a cette foutue soirée auquel j'ai dit que j'irais.
 
-J'ai une soirée chez le capitaine de l'équipe de foot.
-Wha ! Chez Louis Tomlinson ?
 
Ses yeux scintillent comme ceux d'un enfant le jour de noël. Mon frère est éperdument fan de ce type qui d'après lui est le meilleur joueur d'Upper East Side. Il connait tous ses meilleurs records depuis qu'il a intégré l'équipe au lycée. Et c'est vrai qu'il est bon. Très bon même. Mais si seulement il savait qui il est vraiment...
 
-Mais c'est trop la classe Harry ! Tu vas chez Louis Tomlinson ! Dit tu me le présenteras quand je serais sorti hein ? Et puis je veux absolument assister à un de tes matchs. Avec toi et Louis Tomlinson, vous ne pouvez qu'être une équipe de malade !!
 
Il est complètement perdu dans son euphorie alors que moi ça me donne juste envie de vomir. Parce que son Louis Tomlinson il n'a rien du héros qu'il croit être. Et moi non plus. Mais comment je peux lui avouer ça ? Le football a toujours été sa passion. Mais à cause de son dos, il n'a jamais pu y jouer. Alors depuis qu'on est gamin, il m'a toujours soutenu lors de mon apprentissage. Et quand on a déménagé ici et qu'il a pris connaissance de la grandiosité du capitaine de l'équipe d'Upper East Side, il m'a supplié d'intégrer l'équipe. Alors comment je vais faire pour lui avouer toute la vérité lorsqu'il sera sorti du centre ? Je ne veux tellement pas le décevoir. Pas après tout ce qu'il a vécu.
 
-C'est complètement démentiel ! D'ailleurs vous avez des matchs importants prochainement non ?
-Ouai on va jouer contre les Rangers la semaine prochaine.
-Wha ! J'aurais tellement aimé assister à un match pareil... Dit-il en faisant la moue.
-Il y en aura d'autres des matchs comme ça, ne t'en fais pas. Je lui souris.
 
Il hoche doucement la tête en me souriant faiblement. Je sais que c'est dur pour lui d'être ici. Pourtant j'essaye de le voir tous les jours, mais ça ne suffit pas. Il a besoin de sortir de ce trou à rat.
 
-ça se passe comment en ce moment le centre ? Tu manges mieux ?
-Ouai ça va mieux. C'est juste que je suis fatigué de rester cloitré dans cette chambre. Et personne ne me dit quand est-ce que je pourrais enfin sortir.
-ça va bientôt arriver ne t'en fais pas.
-ça fait trois mois Harry et... Je sais que j'ai fais une connerie et franchement je le regrette. Mais c'est de la torture la vie ici. Ce n'est pas en m'obligeant à déballer toute ma vie à un psychologue que je vais me sentir mieux. Je me sens bien. C'était juste...sur le coup tu vois ? Pendant un instant ça n'allait pas et j'ai eu envie d'arrêter ce cauchemar. Mais maintenant c'est terminé et je n'ai plus ce sentiment en moi de vouloir que ça s'arrête. Je veux juste rentrer à la maison.
 
Je reste complètement bouche bé. D'habitude on ne parle jamais de son état parce qu'il m'a bien fait comprendre au début qu'il ne voulait pas en parler. Mais je crois qu'au bout de trois mois enfermés ici, ça l'a fait réfléchir. Et c'est la première fois qu'il me déballe tout ça sans même que je lui demande. A vrai dire je n'osais même plus aborder le sujet. Alors je faisais comme si de rien était. Comme si je ne voyais pas ses bandages aux poignets.
 
-Qu'est-ce que tu as ressenti quand...quand papa t'as frappé ce soir-là ?
 
Tant qu'on y est, autant poser les questions jusqu'au bout. Parce que s'il est prêt à parler, moi j'ai besoin d'entendre ce qu'il c'est passé dans sa tête ce soir-là. J'ai besoin de comprendre. Mais vu l'expression de son visage qui se déforme, je comprends que ce n'était pas la question à poser. En même temps qui aimerais s'expliquer sur son passage à l'acte ? Je m'en veux d'avoir eu aussi peu de tact en posant cette question. C'était stupide et irréfléchi.
 
-Eh tu sais quoi ? On s'en fou. C'était stupide comme question. Je dis en ouvrant les bras.
 
Et je n'ai pas besoin de me faire prier qu'il vient se blottir contre moi. Il me sert si fort que ça me fait mal. Mais je ne dis rien parce que c'est moi qui viens de le mettre dans cet état. Je n'aurais jamais dû le brusquer. Quel con j'ai été.
 
-Le plus important c'est que tu ailles mieux.
 
Il me sert encore plus fort contre lui, mais j'ai l'impression qu'il est bien loin de moi. Perdu dans ses pensées et ses peurs. Et il se rattache désespérément à moi comme si j'étais sa bouée de sauvetage. Mais je ne le suis pas. Du moins je l'ai déjà laissé couler une fois. Alors je me fais la promesse que ça n'arrivera plus jamais.
 
-Je te quitterais jamais tu le sais hein ?
-Promis ? Murmure-t-il.
-Promis.
 
C'est difficile de prendre conscience qu'il n'a pas assez confiance en moi pour savoir que je serais toujours là. C'est douloureux et ça donne la nausée. Mais je n'ai pas le droit de lui en vouloir de douter. Parce que je n'ai pas été là la première fois, alors qu'est-ce qui lui assure que je serais là après ? Moi je le sais, mais si lui ne le sait pas alors ça n'a aucun sens.
 
-Et je te fais la promesse de te protéger contre tous tes démons.
 
Il blottit sa tête un peu plus dans le creux de mon cou tandis que ma main viens doucement jouer avec ses boucles brunes. Il est si fragile que j'ai peur de le briser. Il a déjà tant souffert comme il n'aurait pas dut à son âge. A 15 ans on est censé croquer la vie à pleine dent et pas vouloir en finir.
Je ne sais pas combien de temps on reste dans cette position mais il semble en avoir besoin alors je ne dis rien. Et puis ce n'est pas comme si ça me gênait.
 
-Au fait tu as le bonjour d'Emma et Niall.
 
Il se redresse doucement pour me sourire. Il les aime bien mes amis. D'après lui ils sont « cool ».
 
-Tu crois que je vais bien m'intégrer dans le lycée ? Même après trois mois de retard ?
-Bien sûr quelle question !
-C'est comment Upper East Side ?
-Hum...Riche ?
 
Et comme ça, sans prévenir, on éclate de rire en même temps. Parce que c'est exactement comme si je lui apprenais que le soleil était jaune. Bien sûr qu'il sait ça. C'est le quartier le plus bourgeois de New York. Mais ça fait tellement du bien de l'entendre rire que je m'en fou de passer pour un débile.
 
-Non honnêtement je pense que tu vas adorer. Dès que tu sors on ira à Central Park. C'est le plus beau parc que je n'ai jamais vu. J'aime bien y aller pour me détendre. Et je t'imagine déjà bien assis sur un banc à dessiner tout ce qu'il te passe par la tête.
 
Il sourit vivement, les yeux plantés dans les miens comme s'il arrivait à s'imaginer comme moi je l'imagine. Et ça fait du bien de le voir comme ça. De le voir vivant.
 
-Il faudrait d'abord que je me remette à dessiner pour cela.
-Tu ne dessines plus ? Je questionne en fronçant les sourcils.
-Je n'ai pas d'inspiration ici.
 
Et ça me fait de la peine parce que son mot « étouffement » prend tout de suite beaucoup plus de sens. Le dessin a toujours été sa passion. Son moyen de s'évader. Alors je comprends que tant que ce centre lui privera aussi de cela, il ne pourra pas redevenir lui-même. Il ne pourra pas redevenir lui-même tant qu'il ne sera pas sorti. Et ça me bouffe qu'il n'y est que moi qui suit capable de comprendre cela. Mon frère n'est pas malade. Il n'a pas besoin d'un psychologue. Il a besoin de sortir et de vivre. De se balader dans les rues new-yorkaises et de se remettre à dessiner. Parce que le dessin c'est lui ça. C'est sa personnalité. C'est ce qui le rend vivant.
 
-Prépare ton cahier de dessin pour ce soir alors.
-C'est de la folie !
-Je sais.
 
Je ne sais même pas si c'est pénalement sanctionné d'enlever son propre frère. Et puis de toute manière ce n'est pas comme si je l'enlevais. Je lui rends un semblant de liberté le temps de quelques instants.
Je jette un rapide coup d'½il sur ma montre pour constater qu'il est déjà 19h30 passé. Je suis en retard chez Tomlinson. Mais en soit qui arrive réellement à l'heure à une soirée ? Personne ne veut être le premier dans ce type de soirée.
 
-Je vais devoir y aller Brad.
-Je sais. Me sourit-il.
-A tout à l'heure. Dis-je en embrassant son front.
 
Je me relève du lit et quitte sa chambre. Je me retourne une dernière vers lui au moment où je franchis le seuil, pour me donner le courage d'aller chez Tomlinson. Lui n'en aurait pas peur.
 
Le trajet jusque chez Tomlinson est beaucoup moins long que ce que j'aurais pensé. Je suis déjà en bas de chez lui et je ne me suis même pas préparé psychologiquement. En tout cas il a une sacré baraque. Enfin d'après ce que j'ai compris il s'agit d'une maison secondaire que son père possède. Juste au niveau de la plage de Brooklyn, évidemment.
La musique est à son comble et il y a un monde fou. Je doute qu'il n'est invité que des gens de l'Upper East Side. Je prends une grande inspiration et commence à monter les marches menant à l'entrée de la maison. Je passe à côté d'un bon nombre de personne déjà complètement bourré alors qu'il n'est même pas 21 heures. Pathétique.
 
Juste devant la porte d'entrée, j'aperçois Callum, l'un des membres de l'équipe de foot qui tente de séparer deux filles. Je reconnais rapidement Blair, la fille la plus respectée d'Upper East Side. Je ne savais même pas qu'elle était amie avec Tomlinson. En même temps ça ne m'étonne même pas tant que ça. En revanche, la belle blonde qui se trouve en face d'elle m'est complètement inconnu. Perché sur ses hauts talons et dans sa robe doré, elle envoi du lourd. Sans parler de sa longue chevelure de feu qui descend jusqu'au bas de son dos. Oui je suis persuadé qu'une fille pareille, je l'aurais repéré avant.
 
-C'est quoi ton but hein ? S'écrie Blair. Tu es revenu pour me voler quelque chose de précieux encore une fois ? Chuck ne te suffisait pas ?
-Blair je t'en prie écoute au moins ce que j'ai à te dire.
-J'ai rien à entendre d'une salope comme toi.
 
Et dans la seconde qui suit Blair se jette littéralement sur cette pauvre fille. Callum intervient aussitôt et tente du mieux qu'il peut de la retenir. Et moi je suis complètement choqué. Jamais je n'avais vu Blair dans une rage pareil. Cette fille qui d'ordinaire est si posé.
 
-Serena dégage. Elle n'est pas en état de discuter ce soir. Intervient Callum.
 
Serena. Je pose enfin un nom sur ce si beau visage.
 
-Qu'est-ce que tu regardes comme ça ?
 
Je comprends bien vite que c'est à moi que Callum est en train de s'adresser. Et c'est vrai qu'est-ce que je fou là au juste ?
 
-Je...
 
Serena me regarde droit dans les yeux. Ses yeux à elles, sont sombre et presque sans vie. Elle soupire et disparait à l'intérieur de la maison. Et moi je suis juste son mouvement parce que je ne veux pas rester une seconde de plus avec Callum.
Si déjà je trouvais qu'il y avait un monde fou, c'est juste encore pire à l'intérieur. Les gens sont à la limite de se marcher dessus et c'est déjà une sacrée beuverie. Je reconnais rapidement Lily-Fleur, la petite-amie de Tomlinson depuis trois ans. Elle est très facilement reconnaissable avec sa tenue de pompon girl. Et d'ailleurs toute l'équipe de pompon girl est réuni auprès d'elle. Elles ont l'air de bien s'éclater. Et moi je me demande juste comment une fille comme elle peut être en couple avec Tomlinson. Elle parait si douce et gentille. Enfin je dis ça, mais je ne l'a connais pas. Je ne lui ai jamais adressé la parole. Alors c'est beau de se faire une image des gens, mais le problème c'est que c'est souvent faux.
Je me fraye un chemin du mieux que je peux jusqu'au bar où tous les mecs complètements bourrés sont réunis. Plus j'avance, plus le son de la sono me parvient fort. J'en ressens toute les vibrations dans mon c½ur. Et je dois bien avouer que c'est quelque chose que j'ai du mal à supporter.
 
-Eh on se connait non ?
 
Je me retourne vers un type qui tient à peine debout. Je crois en effet l'avoir déjà croisé dans les couloirs, mais son identité m'est complètement inconnue. Il me regarde longuement de haut en bas, à tel point que ça en devient vraiment gênant.
 
-Ah non en fait.
 
Et comme ça, il se casse en titubant jusqu'à la baie vitré qui mène sur le jardin extérieur. Je soupire en remettant mes cheveux en place et m'empare rapidement de la bouteille de vodka pour m'en servir un verre. Je ne prends même pas la peine de mélanger avec un diluant et vide mon verre d'un coup sec. La vodka me brûle la gorge et je suis obligé de grimacer pendant quelques secondes. Quand enfin ça se calme, je me serre un second verre en me promettant que c'est le dernier que je prendrais.
Je jette un rapide coup d'½il autour de moi à la recherche de Tomlinson. Je ne sais pas si je suis censé aller le voir pour lui dire que je suis venu. Il n'en a certainement rien à foutre de toute manière.
J'aperçois Eleanor debout sur le billard en train de danser sensuellement, et évidement tout une bande de garçon à ses pieds qui la regarde comme si elle n'était qu'un bout de viande. Ça me répugne. Est-ce qu'elle en a conscience au moins ? Vu l'état de son visage, ses cheveux complètement décoiffés et son maquillage qui a coulé, je doute qu'elle soit réellement en état de penser correctement. Et le pire c'est que personne n'intervient pour la protéger de ces pauvres mecs en chaleur qui pourraient profiter d'elle à la moindre seconde.
Je soupire et me détourne vers la piste de danse improvisée. Et c'est là que je l'aperçois. Assis au fond de la pièce, sur son canapé avec la quasi-totalité de l'équipe de foot. Ils rigolent tout en fumant des joints qu'ils se passent entre eux. Et vu la tête de certains, ils ont l'air carrément déchiré.
Soudainement, comme si Tomlinson avait senti que je le regardais, il relève le regard vers moi. Son regard se plante dans le mien pendant de longues secondes. Un regard sans émotion et complètement déstabilisant. Je crois que c'est la première fois qu'il accorde vraiment une attention à mon égard. A moins que ce ne soit juste dut à ce qu'il vient de se fumer.
Un rire explosif me fait sursauter et je me retourne brutalement vers Eleanor qui vient de tomber à quatre pattes sur la table de billard. Certains en profitent pour lui toucher les fesses sans même qu'elle ne s'en aperçoive. Puis soudainement Tomlinson apparaît à côté de la table de billard à son tour. Je ne l'ai même pas vu se relever et passer à côté de moi. Il se fraye facilement un chemin entre tous ces gens et attrape Eleanor par la taille. Parce que lui aussi il a vu ce que ces garçons étaient en train de faire. Elle rigole de plus belle, alors qu'il la soulève entre ses bras pour l'écarter de cet endroit. Et de nouveau il passe juste à côté de moi sans même m'accorder un regard.
Je commence sérieusement à me demander ce que je fous là. J'aurais mieux fait de rester chez moi comme me l'avait conseillé mes amis. Il n'y a personne d'intéressant ici. J'ai été stupide de croire que ma présence allait changer quelque chose.
 
-Styles ! Que de surprise !
 
Je reconnais aussitôt la voix de Tristan. Dans toute l'équipe de football, je crois bien que c'est celui que je supporte le moins. Il n'a aucune sympathie pour personne. Et certainement aucune bonne intention à mon égard.
Je me détourne lentement en espérant que j'ai fait erreur sur son identité. Mais non c'est bien lui avec son sourire qui sonne si faux.
 
-Je pensais pas que tu serais venu.
-Bah je suis là.
-En effet.
 
Il me sourit de plus belle. Mais ça n'a rien d'un sourire amical mais plutôt d'un sourire qui me prouve qu'il a une mauvaise intention derrière la tête.  Et pour la première fois depuis le début de la soirée je me dis qu'il faut que je me méfie. Tomlinson n'en a peut-être rien à foutre de ma présence, mais certains membres comme lui ne se gênerait pas de trouver un moyen pour m'humilier pendant cette soirée.
 
-Tu vas voir...tu vas passer une soirée inoubliable. Me dit-il avant de disparaitre dans la cuisine.
 
Et moi je reste juste tétanisé. Faut dire que ce mec a un côté vraiment flippant. Et il m'a juste rappelé que face à eux je dois toujours me méfier. Je ferais mieux de partir.
Je jette un rapide coup d'½il à ma montre. Il n'est que 21h30. Je m'accorde au moins une heure de plus avant de partir. De toute manière j'ai dit à Bradley que je viendrais le chercher vers minuit. Ça ne sert à rien de venir avant.
 
Je ramasse mon verre et le porte à mes lèvres pour le finir d'un coup sec comme le premier. La vodka passe beaucoup mieux que la première fois. Et ça me donne une soudaine envie de danser. Alors d'un pas précipité je me dirige vers la masse de personne qui se déhanche sur la musique beaucoup trop forte. Mais j'ai à peine fais dix mètres que je vois soudainement trouble. Je ferme les yeux fermement et les rouvre en espérant que cette sensation s'estompe, mais c'est juste pire. Comment se fait-il que ça me fasse ça alors que je n'ai bu que deux verres ?
Je me sens soudainement partir sur le côté et je suis obligé de me rattraper à un meuble pour ne pas tomber au sol. J'ai mal à la tête et ma vision devient de plus en plus trouble. Quelqu'un s'approche de moi et m'attrape le bras pour me redresser.
 
-ça va mec ? On dirait que t'es déchiré.
-Non...j'ai.. j'ai pas...
 
Les mots ne sortent pas correctement de ma bouche et je sens tous mes muscles devenir bien lourd. Si lourd que je suis obligé de lutter pour ne pas me laisser tomber par terre. Puis le bruit commence à me parvenir difficilement aux oreilles. Mais que m'arrive-t-il ?
Quand je relève le regard, la personne qui était présente il y a quelques secondes a disparu. A la place je vois des nuances de couleur bleu sur le mur d'en face. Et ça devient juste complètement flippant. Je ne comprends pas ce qu'il se passe. J'ai subitement chaud. Il faut que je prenne l'air tout de suite. Je repère rapidement la porte vitrée qui mène sur le jardin extérieur. Je me traine du mieux que je peux jusqu'à l'extérieur où enfin l'air frais vient me fouetter le visage. Mais ma tête tourne de plus en plus vite et mes muscles commencent à me faire mal. J'essaye d'avancer plus loin pour être à l'écart des regards indiscrets, mais j'ai à peine fait deux mètres que mes jambes me lâchent. Je ne sens même pas le contact de la terre lorsque je tombe comme une loque sur l'herbe mouillée. Je ne sens plus rien en fait. Comme si tout mon corps était anesthésié.
 
-Et bien Styles, ça ne va pas ?
-Non...aide...aide...
 
Je sens qu'on me relève mais j'ai du mal à identifier tout ce qu'il se passe autour de moi. J'entends des semblants de rire. Mais le bruit est trop loin pour que je puisse entendre réellement. Avec le peu de force que je possède encore en moi, j'ouvre les yeux pour me retrouver face à Tristan, Tommy et Zayn. Mon c½ur loupe un battement et même si tout est plus lent dans ma tête, je comprends qu'il se passe quelque chose de mauvais. J'essaye de me débattre, mais la personne qui me tient referme sa prise autour de mes bras.
 
-Alors Styles qu'est-ce qu'il t'arrive ? Ça tourne là-dedans ? S'exclame Tristan en tapant un doigt contre mon front.
 
Et tout devient plus clair. Il m'a drogué. Ça ne peut être que ça. Il a mis quelque chose dans mon verre. C'est la seule possibilité valable. J'ai envie de pleurer mais y a rien qui sort parce que déjà, mon corps ne réagit presque plus. Et j'ai peur. J'ai une putain de peur qui me prend aux tripes. Pourquoi je ne suis pas resté chez moi ? Emma et Niall avaient raison. Ces gens-là ne seront jamais mes amis. Ils n'ont aucune conscience de ce qui est bien ou mal. Ils veulent juste s'amuser. Et moi je suis leur joujou. Sauf que cette fois-ci ça va trop loin. J'ai supporté qu'on me jette dans une poubelle. J'ai encaissé qu'on emplisse mon casier de cafard et j'ai fermé ma gueule quand on me faisait des croches pieds dans les couloirs. Mais ça non, ils n'ont pas le droit. Ça va beaucoup trop loin. J'ai envie de crier ma peine et ma douleur. Mais je crois que c'est inutile parce qu'il n'y a rien qui sort. Je n'entends même plus ce qu'on me dit. Juste un brouhaha insistant. En revanche je sens qu'on me traine sur le sol. Et sans que je m'y sois attendu je me retrouve la tête plongé dans l'eau. L'eau me rentre dans les narines et je suffoque. Mon c½ur tambourine à cent à l'heure. Putain je ne sais pas nager. Je ne sais pas nager ! Et je suis incapable de comprendre ce qu'il se passe. Est-ce qu'on m'a jeté dans l'eau ? Je vais mourir ! Il faut que quelqu'un m'aide. Je ne sais pas nager !
Et soudainement ma tête ressort brutalement de l'eau. Je tousse en crachant l'eau qui s'est stocké dans mes poumons. Mais je n'ai même pas vraiment le temps de prendre une inspiration qu'on me plonge de nouveau la tête dans l'eau. Et là tout de suite, j'ai juste envie de crever. Que tout ça s'arrête. Et pour la première fois je comprends ce qu'à put ressentir Bradley. Ce sentiment que tout serait mieux si ça s'arrêtait enfin. Je ne veux plus de ça. Je ne veux plus vivre d'humiliation comme celle-ci. Je me sens nu et salit. Et c'est la pire sensation du monde. J'ai mal. Et le pire c'est que ce n'est même plus l'eau qui me cause cette douleur. Non c'est tout mon être qui souffre. Tout mon être qu'ils ont détruit parce qu'ils trouvaient ça amusant.
 




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Alors qu'avez-vous pensez de ce premier chapitre? J'avoue que j'aimerais beaucoup connaître vos avis et points de vues.
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Je vous embrasse.
M. xx